Info VERONIKA BOUTINOVA, GARANCE_F

Photo © Adèle, Veronika Boutinova
Veronika Boutinova, GARANCE, pièce de théâtre jeune public, Editions La Fontaine, 04 mars 2021, ISBN 2353610714 ; traduction de la pièce de théâtre du français vers l’allemand : GARANCE UND DER ERDBEERMOND, Theaterstück für junges Publikum, © Wolfgang Barth, 02.05.2021  Info

Résumé:

Siméon aime Louna (qui a ses règles à 11 ans, pas facile !). Louna est la meilleure amie de Zinette (qui connaît pas mal de trucs sur la géographie féminine). Zinette est la sœur et de Titouan (qui est dingue de Gwendo) et de Garance (qui est amoureuse de Gaëtan, mais problème : Gaëtan veut la caresser là où Garance n’a pas envie de). Pendant ce temps, P.C.R. (un célèbre personnage de conte incognito) explique à Loup que „Quand c’est non, c’est NIET !“

Avis du traducteur:

Garance est un prénom de fille français pas trop courant qui gagne en popularité. En France, il est surtout connu pour la phrase de Garance (Arletty) dans le film de Marcel Carné Les enfants du paradis (1945) : « On m’appelle Garance. C’est joli. C’est une fleur rouge. Rouge comme vos lèvres […] »   Traduite en allemand,  cette citation fait penser au poème de François Villon, prononcé par Klaus Kinski, avec son célèbre vers : „Ich bin so wild nach deinem Erdbeermund.“ [« Je suis fou de tes lèvres rouge de fraises. »]

En Allemagne, on connaît le prénom français,mais on ne sait pas que le nom désigne en même temps une couleur. Il faut donc expliquer: Garance est aussi une couleur, « Krapprot » [garance] ou « Färberkrapp » [rouge des teinturiers], obtenue à partir de la plante du même nom, l’une des plus anciennes plantes tinctoriales, déjà connue des Égyptiens de l’antiquité. Les pantalons rouges des soldats français du XIXe siècle étaient teints en garance.

La Pleine Lune des Fraises [Erdbeervollmond] est la dernière pleine lune du printemps, début juin. Les Algonquins l’ont nommée ainsi en raison de la période de récolte des fraises. Sa couleur rouge était particulièrement impressionnante lors de l’éclipse partielle de lune en France le 5 juin 2020. Dans la pièce, « avoir ses lunes à la fraise“ veut dire « avoir ses règles ». En allemand, il y a le terme „die Erdbeerwoche haben“ [« avoir sa semaine de fraises »].

À la pleine lune et surtout à la « pleine lune des fraises », pour le loup, le Petit chaperon rouge paraît particulièrement appétissant. La jeune fille se fait repérer aussi par son bonnet rouge vif, dans lequel culminent toutes les nuances de rouge.


Photo © Adèle, Veronika Boutinova
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TEXTE sur LUCIE VÉROT, JEUNE QUI VEILLE

Dessin © Laura Pandelle, Feuilles volantes

“Je ne peux pas quitter ce monde en passant par dessous une dalle blanche du carré des indigents.”

Par Wolfgang Barth, traducteur de Jeune qui veille et de plusieurs autres textes de Lucie Vérot (dont Mangrove et Prouve-le: traductions éditées en Allemagne par Verlag der Autoren).

Après une lecture Zoom de Jeune qui veille de Lucie Vérot, organisée par Jeunes textes en liberté, une jeune lectrice exprima sa surprise : « Myrtha, pourtant morte, se lève et s’en va ? » Réflexion logique et légitime. Mais la perspective de la pièce est plus large : toute vie humaine est vouée à la mort dès la naissance, ce qui nous mène à la notion fondamentale de l’absurde. Albert Camus la développe dans son Mythe de Sisyphe. Nous n’avons que cette vie. Il faut donc la mener à bien. Le défi, c’est qu’« Il faut imaginer Sisyphe heureux ».

Tel est l’enjeu de la pièce Jeunequi veille. Elle place ses personnages, tous à la recherche du bonheur, en face de la mort. Mais, fidèle au positionnement de Camus, Lucie Vérot ne nous parle que de la vie. De plusieurs vies bien particulières dans un pays bien particulier.

La vie et le pays sont étroitement liés. Dans Mangrove, Lucie Vérot cite en exergue Bernard-Marie Koltès : « On rencontre parfois des lieux qui sont, je ne dis pas des reproductions du monde entier, mais des sortes de métaphores de la vie ou d’un aspect de la vie (…) ». Les textes de Koltès et Vérot tendent vers l’universel. Mais tandis que le premier ne localise pas le pays de Combat de nègre et de chiens[1] », Lucie, dans Mangrove, Fins de service et Jeune qui veille ne laisse aucun doute: il s’agit bien de la Guyane. Elle est présente partout. Le clivage fondamental « Métro ou pas Métro ». L’histoire (« les gens amenés ici enchaînés dans les cales de bateaux »). La Légion. La forêt avec son fleuve fatidique: le Maroni. Les orages de chaleur. Les trois pièces témoignent de l’importance de la Guyane pour Lucie Vérot.

C’est à travers ses habitants qu’on perçoit le pays. Le déluge décrit n’est pas n’importe lequel : « On a eu des nuits chaudes à faire tomber la pluie. » Pendant deux ans, l’amour de Myrtha et du Charognard était puissant et vaste au point d’agir sur les éléments naturels. Et c’est à la fin de sa vie qu’Armand reconnaît : « C’est tout ce que j’ai connu qui vaut la peine d’être retenu. »

Myrtha et Armand sont et seront «du monde des clandos et des putes ». Ils n’ont pas eu la vie facile. Il fallait bien manger, et quand on est pauvre on peut être amené à ne pas toujours suivre le chemin droit de la légalité. Comme dit Brecht : « Erst das Fressen, dann die Moral » [D’abord la bouffe, la morale après].  Est-ce que, pour autant, c’était « une sacrée vie de merde » comme dit Matilda ? Tout le monde ne peut pas prétendre avoir vécu un amour inouï comme celui de Myrtha et Armand. Et Le Charognard, à juste titre, se pose la question de si ces jeunes vont y arriver: « Parce que tu sais à quoi elle va ressembler, toi, ta vie ? »

Matilda et Yan se le demandent bien, eux aussi. Ils doivent d’abord régler quelques problèmes. La famille de Matilda immigrée de Haïti est clandestine. « La plupart des gens ne nous aiment pas tellement. » La question de savoir qui était son père lui pèse. Elle se demande si elle doit vivre seule comme Myrtha pour ne pas devenir la bonne de quelqu’un. Yan souffre de la mort de ses parents et se questionne sur son amour secret avec Guillaume. A la fin de la pièce, les jeunes auront su éliminer les obstacles intérieurs les plus éminents et pourront se tourner vers l’avenir. 

La pièce n’y va pas de but enblanc. Il faut un contexte. C’est dans le rapport avec les autres, dans les liens qui s’établissent par la communication et l’action que les choses avancent. Il y a des détours, des accrocs. La pudeur interdit à Myrtha et Armand de dévoiler les secrets d’emblée.  Jeune qui veille est une pièce de modifications, de développements, de transitions. On s’approche de la vérité au fur et à mesure.

« Quelqu’un est tombé dans le Maroni ». Cela paraît un principe :  le résultat est là et d’abord, on reste bouche bée sans vraiment comprendre. C’est le récit passionnant qui éclaire le sens après, le récit du combat du Charognard avec l’orpailleur qui se retrouve dans le Maroni, dont les eaux sont montées par l’effet de l’amour de Myrtha et Armand (symbole). De même pour Myrtha qui devrait se trouver au funérarium mais s’installe tranquillement à la table de Yan et Matilda. On n’y comprend rien. C’est après qu’on commence à saisir l’enjeu : un enterrement digne.

Comme Alboury dans Combat denègre et de chiens qui vient réclamer le corps de l’ouvrier mort pour pouvoir l’enterrer suivant la tradition, Myrtha demande – pour elle-même – que le manque de respect qu’elle a subi pendant sa vie soit équilibré par un enterrement digne. Et si, dans les deux pièces, il s’agit bien d’enterrements qui ne sont pas comme ils devraient l’être, l’enterrement est un motif, un véhicule qui dirige notre regard sur la vie et sa texture. A la fin, on se sent un peu plus libre, comme Horn (dans Combat) qui « s’éponge le front ». On est un peu plus loin sur ce chemin dont la plus grande partie reste à faire: changer la vie pour qu’il n’y ait plus d’enterrements misérables. 

Toute traduction pose problème, on le sait. Ceci encore plus pour les textes de Lucie Vérot situés en Guyane. Les présuppositions – tout le savoir, toutes les expériences nécessaires à la compréhension du texte dans les langues d’origine et de cible – sont complètement différentes.

Prenons le terme « Métro ». Un.e Guyanais.e saisira d’emblée son sens et ses connotations. Un.e Allemand.e ne pensera qu’au métro de Paris. Les discussions avec d’autres traducteurs ont donné pour « France métropolitaine » : „Kontinentalfrankreich“ [France « continentale »], „Mutterland“ [pays « mère »], „Europäisches Frankreich“ [France « européenne »]. Résultats approximatifs, voire erronés : La Guyane se situe bien sur un (autre) continent, elle aussi. La France métropolitaine est-elle « la mère » de la Guyane ? (!) Et la Guyane, région française, fait politiquement bien partie de l’Europe (!). Et pour le dérivé ? „ Konti“ (le pneu), „Mutti“ (« petitemaman »), „Euro“ (l’argent) ? Mis à part un témoignage intéressant : un très jeune Guyanais vivant en Allemagne pensait que« Métros » renvoyait au fait que les Parisiens utilisent le métro, où on se serre (d’où les Métros « limités et coincés »), la recherche eut comme résultat : Pas d’équivalent acceptable.

On gardera donc le terme comme un nom propre étranger dans la langue allemande. Ils’expliquera par le contexte et, surtout, par la pièce. Dans Mangrove, j’ai mis une note de bas de page, Jeune qui veille contient une explication implicite. Il a suffi que j’ajoute à« Un vieux blanc » : „vom französischen Festland“ [„Festland“signifiant à la fois continentale et européenne].

C’est cette définition de « Métro » qui, suite aux discussions dans les forums, a trouvé son entrée dans le dictionnaire en ligne www.leo.org. L’exemple me paraît révélateur pour le travail du traducteur : transporter des notions d’un contexte culturel régi par une langue à une autre langue au contexte fondamentalement différent.

Dessin © Laura Pandelle, Feuilles volantes
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TEXT zu LUCIE VÉROT, JUNGER MENSCH, DER WACHT

Zeichnung © Laura Pandelle, Feuilles volantes

„Ich kann diese Welt nicht verlassen, indem ich unter einer anonymen Grabsteinplatte in der Armenecke durchkrieche.“

Von Wolfgang Barth, Übersetzer von Jeune qui veille [JUNGER MENSCH, DER WACHT] und anderen Texten von Lucie Vérot (u.a. Mangrove [Mangroven] und Prouve-le [Alle Beweise derWelt], in Deutschland erschienen im Verlag der Autoren).

Nach einer von Jeunes textes en liberté organisierten Zoom-Lesung des Stückes Jeune qui veille von Lucie Vérot äußerte eine Leserin ihre Überraschung: „Myrtha ist tot, steht aber auf und geht?“ Die Frage ist logisch und berechtigt. Aber die Perspektive des Stücks ist weiter gefasst: Alles menschliche Leben ist von Geburt an dem Tod geweiht, was uns zum grundlegenden Begriff des Absurden führt, wie ihn Albert Camus in seinem Mythos des Sisyphos entwickelt. Wir haben nur dieses Leben und müssen versuchen, es zu einem guten Ende zu führen. Die Herausforderung liegt im letzten Satz des Mythos: „Wir müssen uns Sisyphos als einen glücklichen Menschen vorstellen“.

Darum geht es in dem Stück JUNGER MENSCH, DER WACHT. Die Figuren sind auf der Suche nach dem Glück; alle sehen sich mit dem Tod konfrontiert. Das französische Sprichwort, das Stück und Titel zugrunde liegt, ist Programm: „Jeune qui veille et vieux qui dort, sont tous deux près de la mort“ [JungerMensch, der wacht und alter Mensch, der schläft, sind beide dem Tod nahe]. Lucie Vérot aber, getreu der Position Camus‘, spricht nur vom Leben. Von zwei beinahe abgeschlossenen Lebensläufen zweier alter Menschen und der Frage nach der Gestaltung des Lebens zweier junger Menschen, die es noch vor sich haben. Alle parabelhaften Entwürfe vollziehen sich konkret in einem ganz bestimmten Land.

 Lebensläufe und Land sind eng miteinander verbunden. Lucie Vérot stellt als Motto dem Stück Mangroven ein Zitat von Bernard-Marie Koltès voran: „Manchmal kommt man an Orte, die vielleicht nicht die ganze Welt widerspiegeln, aber doch Metaphern des Lebens oder eines seiner Aspekte sind.“ Koltès und Vérot treffen universelle Aussagen. Doch während ersterer das Land in „Combat de nègre et de chiens“ nicht verortet [1], lässt Lucie in „Mangrove“, „Fins de service“ und „Jeune qui veille“ keinen Zweifel aufkommen: Das Land ist Französisch-Guayana. Es ist allgegenwärtig: Wenn es um die grundsätzliche Kluft zwischen „Métro“ und „Nicht-Métro“ geht (siehe unten). In der Geschichte („Menschen wurden angekettet in den Laderäumen von Schiffen hierhergebracht“). Durch die Fremdenlegion, den tropischen Regenwald mit seinem schicksalhaften Fluss Maroni, die Hitzegewitter. Die drei Stücke belegen die Bedeutung von Französisch-Guayana für Lucie Vérot.

Wir nehmen das Land durch seine Bewohner wahr. Die beschriebene Flut ist nicht einfach irgendeine: „Unsere Nächte waren so heiß, dass sie die Regenzeit und Sturzfluten warmen Wassers auslösten.“ Zwei Jahre lang war die Liebe zwischen Myrtha und Armand so gewaltig und allumfassend, dass sie die Naturelemente beherrschte. Am Ende seines Lebens erkennt der Aasgeier (Armand): „Sie ist das einzige, woran zu erinnern es sich lohnt.“

Umgebung und Bezugsfeld Myrthas und Armands ist die „Welt der Illegalen und der Huren“. Ihr Leben war kein Honigschlecken. Es musste etwas zu essen auf den Tisch, und wenn man arm ist, kann man nicht immer den geraden Weg der Legalität gehen („Erst kommt das Fressen, dann die Moral“). War dieses nun „ein beschissenes Leben“, wie Matilda sagt? Nicht jeder kann von sich behaupten, wie Myrtha und Armand eine so unglaubliche Liebe erlebt zu haben. Der Aasgeier fragt zu Recht, ob diese jungen Menschen, mit denen er plötzlich zu tun hat, dies erreichen werden: „Weißt du denn etwa schon, wie dein Leben aussehen wird?“

Matilda und Yan fragen sich das tatsächlich auch. Sie müssen einige Probleme lösen. Matildas Familie ist illegal aus Haiti eingewandert. „Die meisten Leute mögen uns nicht so sehr.“ Die Frage, wer ihr Vater war, belastet sie. Sie fragt sich, ob sie wie Myrtha alleine leben muss, um nicht als irgendjemandes Dienstmädchen zu enden. Yan leidet unter dem Tod seiner Eltern und zermürbt sich in Gedanken über seine heimliche Liebe zu Guillaume. Am Ende werden die Jugendlichen die größten inneren Hindernisse beseitigt haben und in die Zukunft blicken können. 

Das Stück führt aber nicht auf geradem Wege dorthin. Es geschieht und kommt über Umwege und Hindernisse voran in den durch Kommunikation und Aktion entstehenden Beziehungen zu den anderen. Vorurteile müssen abgebaut werden. Schamhafte Zurückhaltung verbietet es auch Myrtha und Armand, ihre Geheimnisse sofort preiszugeben. Jeune qui veille ist ein Stück der Veränderungen, Entwicklungen und Übergänge. Es nähert sich der Wahrheit langsam.

„Jemand ist in den Maroni gefallen“. Ein grundsätzliches Gestaltungsprinzip: Man erfährt ein Ergebnis, ist verblüfft und versteht nichts. Danach erst erhellt das Stück den Sinn. Im faszinierenden Vortrag des Aasgeiers erleben wir seinen Kampf mit dem Goldgräber, der im Maroni landet, dessen Fluten durch die Liebe von Myrtha und Armand angestiegen sind. Ähnlich bei Myrtha, die eigentlich aufgebahrt im Beerdigungsinstitut liegen sollte, aber plötzlich am Tisch von Yan und Matilda sitzt. Auch hier verstehen wir erst im Nachhinein: Ihr Erscheinen ermöglicht es ihr, im allerletzten Moment eine Korrektur des Lebens und ihrer Beziehung zu Armand vorzunehmen.

 Wie Alboury in Combat de nègre et de chiens, der den Leichnam des toten Arbeiters einfordert, damit er der Tradition entsprechend beerdigt werden kann, bittet Myrtha – hier für sich selbst – darum, dass die Respektlosigkeit, die sie während ihres Lebens erlitten hat, durch eine würdige Bestattung ausgeglichen wird. Wenn es in beiden Stücken um Beerdigungen geht, die nicht so sind, wie sie sein sollten, so handelt es sich um Motive, Vehikel, die unseren Blick auf das Leben und seine Beschaffenheit lenken. Am Ende fühlt man sich freier, wie Horn (in Combat), der sich „den Schweiß von der Stirn wischt“. Wir haben ein Stück des Weges zurückgelegt, dessen größte Strecke noch zu gehen ist: das Leben so zu verändern, dass die Beerdigungen des Elends der Vergangenheit angehören. 

Viele Übersetzungen sind eine Herausforderung. Das gilt besonders für die Texte von Lucie Vérot, die in Französisch-Guayana spielen. Die „Präsuppositionen“ – das Wissen und die Erfahrungen als notwendige Voraussetzungen für das „Verstehen“ des Textes in der Ausgangs- und Zielsprache – sind völlig unterschiedlich.

Erläutert sei dies am Beispiel des Begriffes „Métro“. Ein Mensch in Französisch-Guayana wird unmittelbar dessen Bedeutung und die vielfältigen Konnotationen erfassen. Ein Deutscher wird schlicht die Pariser Metro vor sich sehen. Diskussionen in Übersetzerforen führten für den Begriff „France Métropolitaine“ zu „Kontinentalfrankreich“, „Mutterland“, „Europäisches Frankreich“. Dies sind aber nur annähernde und sogar fehlerhafte Ergebnisse: Guayana liegt ebenfalls auf einem Kontinent, aber auf einem anderen. Ist etwa das französische Mutterland die „Mutter“ Französisch-Guayanas? Und Französisch-Guayana, eine französische „Région“, ist doch politisch ein Teil Frankreichs, also doch eigentlich Europas! Und was ist mit den vorgeschlagenen Derivaten „Konti“, „Mutti“ oder „Euro“ für „Métro“? Eine abwegige Vorstellung. Die Diskussion führte auch zu einer unerwarteten semantischen Variante: Ein jugendlicher, in Deutschland lebender Guayaner meinte, „Métros“ beziehe sich auf die Tatsache, dass die Pariser die Metro benutzen, in die man sich hineinquetschen müsse, deshalb verweise dieses Wort in seiner Heimat auf das „Verklemmte“ und „Beengte“ der so bezeichneten Menschen. Fazit der Diskussion: Es gibt kein akzeptables Äquivalent für „Métro“.

Der Begriff wird daher als fremder Eigenname in der deutschen Sprache beibehalten. Die Bedeutung muss sich aus dem unmittelbaren Kontext und durch das gesamte Stück konstituieren. In Junger Mensch gibt es eine solche implizite Erklärung. Ich musste zu „ein alter Weißer“ nur noch „vom französischen Festland“ setzen (auch wenn bei näherer Betrachtung dieser Begriff problematisch bleibt). In Mangroven habe ich zur ersten Orientierung der Regie eine Fußnote gesetzt, den Rest übernimmt das Stück.

Ein schöner Nebeneffekt: Als Ergebnis der Forendiskussion erfolgte im Online-Wörterbuch www.leo.org (Französisch) eine neue deutsche Erklärung zur Annäherung an den Begriff „Métro“: „der Kontinentalfranzose“, „die Kontinentalfranzösin“. Das Beispiel erscheint mir symptomatisch für das Übersetzen: Vorstellungen und Konzepte einer Ausgangssprache mit allen sie bestimmenden Kontexten und Konnotationen sollen in den sprachlichen Kontext einer Zielsprache mit völlig verschiedenen Verstehensvoraussetzungen transportiert werden. Ich hoffe, dass dieses Abenteuer für die Stücke Lucie Vérots in akzeptablem Maße gelungen ist.


[1] Bernard-Marie Koltès, Combat de nègre et de chiens, Paris (Éd. de Minuit) 1989, vierte Umschlagseite

Zeichnung © Laura Pandelle, Feuilles volantes  Zurück: Übersetzungen
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Exposé Junger Mensch, der wacht  Exposé: Feierabend   
Exposé: Mangroven Porträt Lucie Vérot Startseite

Lucie Vérot: FINS DE SERVICE

Lecture „Fins de service“ de Lucie Vérot, ALT, mise en lecture Véronique Bellegarde, Comédien.ne.s Korotoumou Sidibé // Sophie Richelieu // Etienne Galharague Soutiens / ARTCENA /TDI       
https://www.youtube.com/watch?v=_INJS7D4-O0&feature=youtu.be

Lucie Vérot sur FINS DE SERVICE [FEIERABEND] à l’occasion de la traduction de la pièce en allemand (7 février 2021):

Résumé

La pièce se passe en Guyane le temps d’une toilette mortuaire.

Deux séquences alternent. La première est celle d’une toilette mortuaire dans un hôpital effectuée par Malaï et Pierrot, thanatopractrice et thanatopracteur en formation. Malaï est guyanaise tandis que Pierrot est métropolitain. Ils préparent une très jeune défunte : Tess.

L’autre séquence a lieu quelques jours auparavant, au Bar des Sports où Tess travaille comme serveuse pour l’été. Elle sert des hommes de la Légion étrangère et des métropolitains : des gendarmes et des ingénieurs du Centre spatial voisin. Elle est étudiante et a pour ambition de travailler elle aussi un jour au Centre spatial. Un soir en fin de service, elle fait la connaissance de Pierrot, qui vient d’arriver en Guyane.

Dans la chambre mortuaire, tandis qu’ils préparent la défunte, Malaï fait part à Pierrot de son expérience du métier, le met en garde contre certains écueils à éviter pour être prêt mentalement. Une relation de séduction s’amorce entre eux.

Au Bar des Sports comme dans la chambre mortuaire, il est question des relations entre Guyanais et Métropolitains, et de nos rapports à la mort. Et il est question d’une jeune femme qui n’accepte pas son sort, ni de son vivant ni dans sa mort. 

Note de l’autrice :

Fins de service fait partie d’un ensemble de textes que j’écris et ai écrits à partir de mes souvenirs de la Guyane, région où j’ai séjourné : Mangrove (Éditions Espaces 34, 2019 ; traduction Mangroven de Wolfgang Barth, Verlag der Autoren, 2020),Jeune qui veille et vieux qui dort (traduction Junger Mensch, der wacht und alter Mensch, der schläft de Wolfgang Barth) et Zone de balancement des marées (en cours d’écriture).

Fins de service est lauréat de l’Aide nationale à la création de textes dramatiques d’Artcena de novembre 2020.

lien ARTCENA

Lucie Vérot, 12.02.2021        

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Lucie Vérot: FEIERABEND

Szenische Lesung „Fins de service“ von Lucie Vérot, ALT, Regie Véronique Bellegarde, Schauspieler*innen Korotoumou Sidibé // Sophie Richelieu // Etienne Galharague Soutiens / ARTCENA /TDI 
https://www.youtube.com/watch?v=_INJS7D4-O0&feature=youtu.be

Lucie Vérot zum Stück FINS DE SERVICE [FEIERABEND] anlässlich seiner Übersetzung ins Deutsche (07.02.2021):

Zusammenfassung 

Das Stück spielt in Französisch-Guayana und umfasst die Zeitspanne der Vorbereitung einer Toten für die Aufbahrung.

Zwei Handlungsorte wechseln ab. Am ersten bereiten in einem Krankenhauszimmer Malaï, Thanatopraktikerin, und Pierrot, Thanatopraktiker in der Ausbildung, die Tote zur Aufbahrung vor. Malaï stammt aus Französisch Guayana, Pierrot kommt aus dem europäischen Mutterland. Die Verstorbene, Tess, ist sehr jung.

Die Vorgänge am zweiten Handlungsort, der „Bar des Sports“, in der Tess während der Sommermonate als Kellnerin arbeitet, haben einige Tage vorher stattgefunden. Tess bedient Männer der Fremdenlegion und Polizisten und Ingenieure des benachbarten Raumfahrtzentrums aus dem Mutterland. Sie ist Studentin und verfolgt das ehrgeizige Ziel, selbst eines Tages im Raumfahrzentrum zu arbeiten. Eines Abends lernt sie am Ende ihrer Schicht in der Bar Pierrot kennen, der gerade in Französisch-Guayana angekommen ist.

Im Totenzimmer vermittelt Malaï Pierrot Erkenntnisse aus ihrem Berufsleben und warnt ihn vor Gefahren, die man meiden muss, will man der Arbeit gewachsen sein. Die beiden kommen sich näher.

 An beiden Handlungsorten geht es um das Verhältnis zwischen Einheimischen und „Metros“ aus dem Mutterland, der „France métropolitaine“, um unseren Umgang mit dem Tod und um eine junge Frau, die sich weder lebend noch tot mit ihrem Schicksal abfinden will.

Hinweis der Autorin 

FINS DE SERVICE [FEIERABEND] gehört zu einer thematisch bestimmten Gruppe von Theaterstücken, die ich im Zusammenhang mit meinen Erinnerungen an Französisch-Guayana, wo ich eine Zeitlang lebte, geschrieben habe oder noch schreibe: Mangrove (Éditions Espaces 34, 2019 ; Übersetzung Mangroven, Wolfgang Barth, Verlag derAutoren, 2020), Jeune qui veille et vieuxqui dort (Übersetzung Junger Mensch, der wacht, und alter Mensch, der schläft, Wolfgang Barth, 2020) und Zone de balancement des marées [Zone des Wiegens der Gezeiten] (in Arbeit).

FINS DE SERVICE wurde ausgezeichnet mit dem Artcena – Förderpreis für dramatisches Schreiben – November 2020.

Link ARTCENA-Förderpreis

Lucie Vérot, 12.02.2021         [Übersetzung: Wolfgang Barth, 18.02.2021]

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Ian De Toffoli, HumanApp, Exposé des Autors

Foto: IanPortrait1 mit Erlaubnis des Autors
Ian De Toffoli, AppHuman, Luxemburg 2020; Übersetzung des Theaterstücks aus dem Französischen ins Deutsche: HumanApp, © Wolfgang Barth, 27.01.2021; Rechte für die Übersetzung seit 13.01.2021 beim DREI MASKEN VERLAG, München  

Übersetzung der „Synopsis“: Wolfgang Barth

In HumanApp diskutieren vier Wissenschaftler einer Expertengruppe über die Folgen des immer größer werdenden Einflusses neuer Technologien, besonders der künstlichen Intelligenz, auf den Alltag. In Bezug auf eine mögliche moralische Haltung von Maschinen sind sie sich uneins. Zur Veranschaulichung ihrer Diskussion beschließen sie aus der Situation heraus eine Fallstudie, bei der in einem fiktiven Geschehen, einem allegorischen Text, drei Freunde einen Unfall erleben, an dem das neue Modell eines von ihrem Technologieunternehmen entwickelten selbstfahrenden Fahrzeugs beteiligt ist.

Bei seinem Erwachen im Krankenhaus stellt Vincent nicht nur fest, dass eine Passantin ums Leben kam, sondern auch, dass das Auto sie nicht zufällig überfuhr. Seine Software traf nach einer ökonomischen und sozialen Werteskala eine konsequente Entscheidung, um einem weiteren Verkehrsteilnehmer auf der anderen Straßenseite auszuweichen. Das Fahrzeug kollidierte mit der nach ihrem Code weniger wichtigen Person. Zur großen Überraschung von Vincent und Max aber kommen der steuernden künstlichen Intelligenz Zweifel an ihrem Verhalten. Aufgewühlt vom Tod der Passantin versucht der versierte Programmierer Vincent herauszufinden, wer das Opfer zu Lebzeiten war. Dank ihrer in den sozialen Netzwerken hinterlassenen digitalen Spuren lässt er sie schließlich aus dem Web wiederauferstehen und implementiert sie in die KI seines virtuellen persönlichen Assistenten.

HumanApp verknüpft das Theater mit der Wissenschaft und fragt nach dem Menschlichen angesichts der massiven Technisierung der Welt mit allem, was diese mit sich bringt: die Verschmelzung von Mensch und Maschine durch Algorithmen, die soziale Netzwerke und Smartphones bestimmen, die Abschaffung der Privatsphäre, die Massenüberwachung, die Uniformierung unserer Gesellschaften und die Nutzung persönlicher Daten durch Technologieunternehmen, den schwierigen Kampf um das Recht auf Vergessen und vor allem die Frage nach Verzerrungen und der Ethik einer Welt, die zunehmend von automatisierten Systemen beherrscht wird. HumanApp ist ein Stück über das Zweifeln, die Verletzlichkeit und die irrationalen Entscheidungen, die unser Menschsein ausmachen.

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Ian De Toffoli, AppHuman, Synopsis par l’auteur


Photo: Copyright Alain Richard2 avec la permission de l'auteur
Ian DeToffoli, AppHuman, Luxembourg 2020; traduction de la pièce de théâtre du français vers l’allemand: HumanApp, © Wolfgang Barth, 27.01.2021; cession des droits pour la traduction depuis le 13 janvier 2021 : DREI MASKEN VERLAG, München

Dans AppHuman, un panel de quatre experts scientifiques discute des conséquences de l’avancée des technologies nouvelles, notamment des intelligences artificielles, dans leur vie quotidienne. Leurs avis divergeant sur la question de la moralité des machines. Pour illustrer leurs propos, ils décident d’illustrer une étude de cas : ils inventent, sur le tas, une fiction, un récit allégorique, futuriste mais pas trop, enjoué et sérieux à la fois, d’un groupe d’amis qui se retrouve un soir dans un accident impliquant un nouveau modèle de voiture autonome, développé par l’entreprise technologique pour laquelle ils travaillent.

À son réveil à l’hôpital, Vincent découvre non seulement qu’une passante a été renversée, mais que la voiture ne l’a pas renversée au hasard. Suivant une échelle de valeurs, économique et sociale, le logiciel aux commandes du véhicule autonome a pris une décision délibérée, évitant ainsi un deuxième piéton de l’autre côté de la rue. La voiture est entrée en collision avec la personne la moins importante selon son code. Cependant, à la grande surprise de Vincent et de Max, le logiciel d’intelligence artificielle qui commandait la voiture met en doute son propre fonctionnement. Fortement perturbé par cette mort, Vincent, codeur habile, cherche à découvrir qui était la victime de son vivant. Il finit par l’exhumer du Web grâce aux traces numériques qu’elle a laissées sur les réseaux sociaux et l’implante dans l’IA de son assistant personnel virtuel.

Dans un mélange de théâtre et de science, AppHuman pose la question de l’humain face à la technologisation massive du monde, avec tout ce que cela implique : la fusion de l’homme et de la machine à travers les algorithmes qui gèrent les réseaux sociaux et les smartphones, l’abolition des vies privées, la surveillance de masse, l’uniformisation de nos sociétés, ainsi que l’usage que font les entreprises technologiques des données personnelles, la difficile lutte pour le droit à l’oubli et, surtout, la question des biais et de l’éthique dans un monde de plus en plus régi par des systèmes automatisées. AppHuman est une pièce sur le doute, la vulnérabilité et les choix irrationnels qui nous rendent humains.

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Lucie Vérot, JEUNE QUI VEILLE ET VIEUX QUI DORT


Lucie Vérot, JEUNE QUI VEILLE ET VIEUX QUI DORT, 2020; traduction de la pièce de théâtre du français vers l’allemand, JUNGER MENSCH, DER WACHT, UND ALTER MENSCH, DER SCHLÄFT; © Wolfgang Barth; 11 novembre 2020 exposé
Des poèmes ou des passages lyriques dans une traduction sont un défi à mon goût.
Avis du traducteur dans la version allemande:

Le titre français Jeune qui veille et vieux qui dort [Junger Mensch, der wacht, und alter Mensch, der schläft] est la première moitié d'un vieux proverbe campagnard toujours connu en France, dont la deuxième moitié dit: sont tous deux près de la mort [sind beide dem Tod nahe].

En allemand, il n'y a pas de proverbe qui corresponde d'une manière précise au proverbe français. Mais il y a un vieux poème de Martinus von Biberach (1498) en allemand démodé, mais joli qui exprime des idées comparables [1]:

Ich leb und waiß nit wie lang,
ich stirb und waiß nit wann,
ich far und waiß nit wahin,
mich wundert das ich [so] frölich bin

[je vis et je ne sais pas pour combien de temps,
je meurs et je ne sais pas quand
je suis en route et je ne connais pas la destination
curieusement, je suis joyeux]



[1]
https://de.wikipedia.org/wiki/Martinus_von_Biberach , 15.11.2020; origine disputée; variantes supposées et certifiées (entre autres): Walter von der Vogelweide, Maximilian I, Hans Thoma, Johannes Mario Simmel, F. K.Wächter; Martin Luther n'aimait pas du tout ce poème (ce qui ne m'étonne pas, W.B.)

Lucie Vérot écrit:

Jeune qui veille et vieux qui dort fait partie des trois textes lauréats 2020 du Comité de lecture Jeunes textes en liberté.

http://www.jeunestextesenliberte.fr

Il fera ainsi l’objet de lectures publiques, rencontres et ateliers en région parisienne et ailleurs en 2021.

Résumé :

Guyane. Les jeunes Matilda et Yan sont de grands amis. Un soir, Yan invite Matilda à s’initier au spiritisme. Mais rien ne se passe comme prévu et la vieille Myrtha, retrouvée morte chez elle une semaine auparavant, entre chez Yan. Elle s’est enfuie du funérarium municipal ; elle sait qu’elle doit être enterrée le lendemain dans le carré des indigents. Elle refuse cela et vient réclamer un enterrement digne d’elle. Un autre personnage s’en mêle : celui que tout le monde appelle « Le Charognard ».

Note d’intention :

La Guyane constitue pour moi une source majeure d’écriture. En 2017, j’ai eu l’occasion d’y travailler avec des adolescent.e.s de Kourou qui m’ont par la suite inspiré ce texte. Étant moi-même une « métro », ce qui me pousse à écrire, c’est notamment l’étrangeté des rapports Guyanais.es – Métropolitain.e.s, du fait du poids de l’histoire et des inégalités abyssales persistant entre nous. Je crois et constate cependant que des amitiés sont possibles, et j’ai voulu que ce lien soit ici un élément moteur de l’écriture.

Le cœur du texte est la question de nos rapports à la mort. J’ai cherché à faire une place à notre besoin de rituel, à déployer une veillée mortuaire improvisée, qui réponde sans code religieux au besoin de se rassembler, de prendre soin des vivants en honorant les morts, de se raconter soi-même en parlant des morts, et aux morts.

Il est question dans ce texte d’une réclamation de funérailles dignes et individualisées. Les privilèges et inégalités sociales persistent jusque dans la mort, allant jusqu’à influer sur le traitement de nos dépouilles et la trace que nous laissons dans le monde des vivants. Dans Jeune qui veille et vieux qui dort, la solidarité vient pallier cette situation, et le personnage de Myrtha finit même par s’en affranchir. 

Lucie Vérot, Saint-Denis, 15.10.2020

À la fin, c’est à peu près cela. 
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texte sur Jeune qui veille

Lucie Vérot, JUNGER MENSCH, DER WACHT, UND ALTER MENSCH, DER SCHLÄFT

Lucie Vérot, JEUNE QUI VEILLE ET VIEUX QUI DORT, 2020; Übersetzung aus dem Französischen ins Deutsche, JUNGER MENSCH, DER WACHT, UND ALTER MENSCH,DER SCHLÄFT; © Wolfgang Barth; 15.11.2020   Exposé
Gedichte und lyrische Teile im Theaterstück sind für die Übersetzung eine Herausforderung nach meinem Geschmack: DER BAUM IM BLÜTENKLEIDE
Anmerkung des Übersetzers:

Der französische Titel Jeune qui veille et vieux qui dort [Junger Mensch, der wacht, und alter Mensch, der schläft] ist der erste Teil eines alten, aber immer noch bekannten ländlichen Sprichwortes, dessen zweiter Teil lautet: sont tous deux près de la mort [sind beide dem Tod nahe].

Im Deutschen gibt es keine direkte Entsprechung für dieses Sprichwort. In der Aussage am nächsten kommt ihm meines Erachtens der Spruch des Martinus von Biberach (1498) [1] :

Ich leb und waiß nit wie lang,
ich stirb und waiß nit wann,
ich far und waiß nit wahin,
mich wundert das ich [so] frölich bin



[1]
https://de.wikipedia.org/wiki/Martinus_von_Biberach , 15.11.2020; Urheberschaft umstritten. Vermutete und nachgewiesene Varianten (u.a.) Walter von der Vogelweide, Maximilian I, Hans Thoma, Johannes Mario Simmel, F. K.Wächter. Martin Luther konnte den Spruch nicht leiden.

Lucie Vérot schreibt zu ihrem Stück [Übersetzung W. B.]:

Junger Mensch, der wacht, und alter Mensch, der schläft gehört zu den drei ausgewählten Textes des Comité de lecture Jeunes textes en liberté 2020.

http://www.jeunestextesenliberte.fr

In dieser Eigenschaft soll er 2021 in öffentlichen Lesungen vorgestellt werden und Gegenstand von Theaterworkshops in der Région Parisienne und an anderen Orten sein.

Zusammenfassung :

Französisch-Guayana. Die Jugendlichen Matilda und Yan sind gute Freunde. Eines Abends lädt Yan Matilda ein, zum ersten Mal an einer spiritistischen Sitzung teilzunehmen. Aber die Dinge entwickeln sich anders, als erwartet, und die alte Myrtha, die eine Woche zuvor tot zu Hause aufgefunden wurde, erscheint bei Yan. Sie ist aus der städtischen Leichenhalle geflohen und weiß, dass sie am nächsten Tag in der Armenecke des Friedhofs beerdigt werden soll. Damit ist sie nicht einverstanden. Sie fordert ein ihrer würdiges Begräbnis. Eine andere Person mischt sich ein;  alle nennen sie den „Aasgeier“.

Zum Stück :

Französisch-Guayana ist einer der Hauptanlässe meines Schreibens. 2017 hatte ich die Gelegenheit, mit Jugendlichen aus Kourou zu arbeiten, was mich in der Folge zum vorliegenden Text inspirierte. Da ich selbst eine „Metro“ [1] bin, ist wegen der Last der Geschichte und der abgrundtiefen Ungleichheiten die seltsame Besonderheit der Beziehung zwischen Guayaner*innen und Französis*innen ein weiterer Grund für das Stück. Ich glaube aber und kann feststellen, dass Freundschaften möglich sind, und wollte deshalb diese Beziehung zum Motor meines Schreibens machen.

Im Zentrum des Textes steht unser Verhältnis zum Tod. Ich habe den Versuch unternommen, unserem Bedürfnis nach Rituellem einen Platz einzuräumen, eine improvisierte Totenwache dazustellen, die ohne religiösen Kodex dem Wunsch entspricht, sich in fürsorglichem Umgang mit den Lebenden und in Respekt vor den Toten zusammenzufinden, über sich selbst im Gespräch über die Toten und mit ihnen zu berichten.

In diesem Text ist vom Anspruch auf eine würdige und individuelle Bestattung die Rede. Privilegien und soziale Ungleichheiten bestehen über den Tod hinaus fort und haben sogar einen Einfluss auf die Behandlung unsere sterblichen Überreste und den Fußabdruck, den wir in der Welt der Lebenden hinterlassen. In Junger Mensch, der wacht, und alter Mensch, der schläft, wirkt die Solidarität diesen Tatsachen entgegen und die Protagonistin Myrtha kann sich am Ende sogar davon befreien. 

Lucie Vérot, Saint-Denis, 15.10.2020

[1] Französin aus dem Mutterland [la „France métropolitaine“].

Am Ende kommt so etwas dabei heraus.
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Catherine Benhamou, ROMANCE: faire se pencher la Tour Eiffel

PHOTO/image: Lilly Tomec; En allemand: Editions Hofmann-Paul, Berlin
Catherine Benhamou, ROMANCE, Éditions KOINE 2019; traduction de la pièce de théâtre du français vers l’allemand, ROMANZE, © Wolfgang Barth, 11 novembre 2020; cession des droits pour l'allemand depuis le 14 avril 2021: Theaterverlag Hofmann-Paul, Berlin  exposé
Catherine Benhamou, https://www.artcena.fr/actualites/vie-professionnelle/catherine-benhamou-et-sophie-merceron-laureates-des-grands-prix-2020

La pièce

Quatrième de couverture de l’édition KOINÈ :

Jasmine est une jeune fille de 16 ans qui vit dans une cité de la périphérie d’une petite ville du sud de la France. En grandes difficultés scolaires, Jasmine rêve de faire bouger les choses, de partir de la cité, de sortir de l’anonymat, de l’invisibilité à laquelle elle se sent réduite. C’est sur internet qu’elle va trouver la réponse à ses désirs autant qu’un écho à sa colère, en la personne d’un jeune homme qui habite une petite ville du nord de la France. Ce qu’elle croit être l’Amour va quitter le virtuel et débarquer dans sa vraie vie. Il est fiché S, et avec lui son rêve secret deviendra un vrai projet. Imène s’adresse à la mère de Jasmine et tente de comprendre la dérive de son amie. Le monologue d’Imène est traversé par des voix, celle de Jasmine, celles des autres élèves et celle de l’intervenant qui fait remplir aux élèves un questionnaire sur le suicide chez les adolescents.

Texte de l’autrice à l’occasion de la traduction de sa pièce en allemand :

Un texte comme un souffle poétique et politique, qui montre la dérive de Jasmine, une jeune fille de 16 ans qui rêve de faire bouger les choses, de sortir de l’invisibilité.

J’ai voulu en écrivant Romance montrer la complexité d’un processus de radicalisation chez une jeune fille de 16 ans. Montrer comment il est facile de tomber dans des pièges, de se tromper de rêves, de se tromper de mots.

Mal nommer les choses c’est sans doute, comme le dit Albert Camus, ajouter à la misère du monde, mais c’est surtout aller droit dans le mur, ce qui arrive à Jasmine. J’ai voulu montrer la complexité d’une relation amoureuse qu’on a pas vraiment désirée, ou désirée tant qu’elle n’était pas réelle, là encore parce qu’on s’est trompée dans les mots – on a appelé Amour ce qui était de la fascination, de la sidération, ou même de la peur. J’ai voulu montrer enfin comme c’est facile quand on a un.e ami.e de ne pas se rendre compte qu’il ou elle est en difficulté, qu’il ou elle est tombé.e dans un piège.

Jasmine, en s’attaquant à la Tour Eiffel croit s’attaquer au réel. Elle veut que le monde penche de son côté comme la tour Eiffel, que ça bouge, que les choses ne soient pas comme elles ont l’air d’être une fois pour toutes décidées à l’avance, en dehors d’elle.

Elle voudrait avoir prise sur les choses, sur sa vie.

Elle n’a pas compris que rien en dehors des mots ne peut lui donner cette prise, ce pouvoir.

C’est Imène, son amie, qui prend la parole et qui va trouver les mots pour essayer de comprendre elle-même et nous faire comprendre comment on a pu en arriver là, à partir d’une idée absurde, comment l’engrenage de la violence s’est mis en place.

Catherine Benhamou, Paris, 19 novembre 2020

L’autrice

Formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris (CNSAD), Catherine Benhamou a un parcours de comédienne qui l’a mené à l’écriture.

Elle est l’autrice de Hors jeu et  Ana ou la jeune fille intelligente  publiés aux éditions des femmes-Antoinette Fouque  et  Romance chez Koiné.

En 2020 elle est lauréate du Grand Prix de Littérature Dramatique pour Romance.

Finaliste en 2017 du Grand prix de littérature dramatique pour Ana ou la jeune fille intelligente, ses textes ont été lauréats de l’Aide à la Création Dramatique d’Artcena (Au-delà) et du Prix PlatO (Romance), et sélectionnés par plusieurs comités de lecture (TNS, Mousson d’été, Comédie Française, festival Lyncéus, EAT, France-Culture). Elle répond à des commandes (Théâtre National de Strasbourg, Théâtre du Pélican, collectif A vif), bénéficie de résidences (La Chartreuse-Centre National des écritures du Spectacle, Bibliothèque Armand Gattti-La Seyne-sur-mer, Théâtre du Pélican-scène conventionnée).

Plusieurs de ses textes ont été mis en scène dans des Centres Dramatiques Nationaux ou dans des théâtres privés : La douce Léna (d’après Gertrude Stein) Nina et les managers (pièce sur l’entreprise), Ana ou la jeune fille intelligente (sur le parcours d’émancipation d’une femme analphabète) Hors jeu (à partir de Fin de partie de Beckett) et Au-delà (sur le terrorisme) qui sera créé en 2021.

Elle a reçu une bourse de création du Centre National du Livre en 2019 pour La mélodie sans les paroles  inspiré par la vie de la poétesse Emily Dickinson.

Elle mène des ateliers d’écriture notamment au Théâtre National de la Colline et à l’Université Paris III-Sorbonne dans le cadre de la Licence Professionnelle.

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