Laurent Contamin [F]

Le Dramaturge Laurent Contamin  Photo © François Louchet

Laurent Contamin écrit

          

J’écris comme je respire, sans vraiment y penser. J’écris comme j’ai envie, au gré des envies ou des commandes, un peu en dilettante. Je marche dans la forêt de la parole, dans les futaies des situations, des histoires, les taillis des rires, des étonnements, des colères. Je n’ai pas de chemin tracé. Une trentaine de pièces, pourtant, si je ne me trompe pas, sont publiées à ce jour. Dans des registres pluriels, chez des éditeurs différents, pour des publics hétéroclites, sur des thématiques polychromes. La seule constante est peut-être que j’interroge le monde comme il va, à travers les trajectoires de mes personnages – mais bon, c’est sans doute le fondement même du théâtre, ça.

Difficile de me mettre dans une case : je présente mes sincères excuses aux journalistes, critiques et universitaires. Aux amateurs de chapelles et de réseaux. Moi, en tout cas, ça m’amuse de savoir que mes pièces peuvent être entendues aussi bien dans des théâtres comme la Comédie française ou le Théâtre du Rond-Point, à Paris, sur France Culture, que dans des centres socio-culturels de banlieue ou des foyers ruraux de villages reculés. Qu’elles sont jouées par des professionnels et des amateurs. Des adultes, des ados, des enfants. Il y en a pour tous les goûts – et moi, je saute de case en case. J’aime aller sur des terrains autres que le théâtre de texte, aussi, pour découvrir comment ça parle, là : la marionnette, le cirque, la danse, la radio, le langage visuel, la performance de rue… Et je publie des recueils de poésie, de nouvelles, de contes. Je furète, je randonne.

La parole, j’aime la porter, aussi, avec mon corps, la transmettre. Qu’elle me traverse. Acteur, c’est mon premier métier. De théâtre, essentiellement. Une dizaine de mises en scène à mon actif, aussi – pas seulement mes textes, mais aussi Shakespeare, Musset, Sarraute, Schisgal… Depuis quelques années, je vais raconter des histoires directement chez les gens – dans leur maison, leur grange ou leur jardin, dans des médiathèques, des écoles ou des bars à vins, avec trois fois rien – j’adapte des auteurs que j’aime : Arseniev, St-Exupéry, Kleist, Rilke, Claudel… une sorte de colporteur, de veillée en veillée. Pour moi, tout ça (écrire, jouer, mettre en scène, rencontrer), c’est la même chose : je travaille la parole et la parole me travaille.

Je suis d’un tempérament indépendant – je crois que j’aime la liberté, au fond. C’est pourquoi, même si je travaille de temps en temps au sein d’équipes ou d’équipe­ments culturels avec lesquels se nouent des collaborations fécondes (compagnies théâtrales, résidences territoriales, théâtres – le Théâtre Jeune Public de Strasbourg, par exemple), même si j’ai toujours plaisir à transmettre (sous forme d’ateliers d’écriture ou de cours d’art dramatique), j’en reviens toujours, entre deux escales, deux projets, deux rencontres, à mes balades en solitaire dans la forêt de la parole, au gré de mes envies, comme je respire.

Laurent Contamin, Paris, 18 février 2022

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Le texte

Laurent Contamin, Le soleil de Moses, théâtre pour enfants/jeune public © Les Cygnes Paris 2021, ISBN : 978-2-36944-366-7; Übersetzung aus dem Französischen ins Deutsche: Moses die Sonne, Kinder und Jugendtheaterstück; © Wolfgang Barth, 18 février 2022

Extrait:

Séquence 5

Distribution libre. Au public.

Ce gamin
Comment dire
Ce bébé
C’était une évidence que
On n’a pas réfléchi, en fait
Moses
La question s’est même pas posée, voilà
C’était naturel
Oui, voilà : naturel
Le petit Moses
On pouvait pas juste ne rien faire
Juste on pouvait pas
Instinctif
Ni le laisser courir le moindre risque
S’en remettre à la police, à des organismes,
Des administrations
Le laisser se perdre dans le grand labyrinthe…

Après, en y réfléchissant, oui
Peut-être qu’il y aurait eu d’autres solutions
Mais là
Dans l’instant
Moses
Dans l’urgence
Ce gamin, on voulait
On voulait qu’il soit bien
Calme et heureux
Juste ça
C’était comme un petit roi

Un petit roi tombé du ciel dans le chalet de Kim
Il nous souriait
Un sourire tellement grand
On voyait plus ses yeux quand il riait
C’était comme un soleil quand il riait
On oubliait tout le reste
Y avait plus que Moses qui souriait

Le sourire de Moses
Le soleil de Moses
Ce soleil-là, on voulait pas l’éteindre
L’étouffer dans le grand labyrinthe
La machine administrative
Qui sait ce qu’il serait devenu
On voulait le faire durer, le sourire de Moses
Un soleil qui durerait toute la vie de Moses
C’est pour ça
Pour le soleil de Moses
C’est pour ça qu’on a fait ce qu’on a fait.

Photo © François Louchet  site éditions les Cygnes  site Laurent Contamin

Laurent Contamin [D]

Der Dramatiker Laurent Contamin  Foto © François Louchet

Laurent Contamin über sich selbst

[Übersetzung: Wolfgang Barth]                                                     

Ich schreibe, wie ich atme, ohne wirklich darüber nachzudenken. Ich schreibe, wie es mir einfällt, nach Lust und Laune oder auf Auftrag, ein bisschen, wie es sich ergibt. Ich bewege mich im Wald der Sprache, im Hochwald der Situationen, der Geschichten, im Unterholz des Lachens, des Staunens, des Zorns. Ich folge keinem vorgezeichneten Weg. Dennoch wurden bis heute, wenn ich mich nicht irre, ungefähr dreißig Stücke veröffentlicht. In verschiedenen Zusammenhängen, bei mehreren Verlagen, für sehr unterschiedliches Publikum, zu Themen vielfältiger Couleur. Die einzige Konstante liegt vielleicht darin, dass ich den Lauf der Welt durch die Wege, die meine Figuren einschlagen, hinterfrage – aber das ist ja wahrscheinlich die Grundlage jeden Theaters.

Ich transportiere und übertrage die Sprache auch gerne mit meinem Körper. Sie soll durch mich hindurchgehen. Schauspieler ist mein erster Beruf. Vor allem im Theater. Ich habe auch ungefähr zehn Stücke inszeniert – nicht nur die eigenen Texte, auch Shakespeare, Musset, Sarraute, Schisgal… Seit einigen Jahren erzähle ich Geschichten direkt bei Leuten zu Hause – in ihrem Haus, ihrer Scheune oder ihrem Garten, in Mediatheken, Schulen oder Weinstuben, mit minimaler Ausstattung – ich adaptiere Autoren, die ich liebe: Arseniev, St-Exupéry, Kleist, Rilke, Claudel… wie ein Hausierer wandere ich von Aufführung zu Aufführung. Für mich ist das alles (schreiben, spielen, inszenieren, Menschen treffen) dasselbe: Ich arbeite am Wort und das Wort arbeitet an mir.

Ich bin ein unabhängiger Geist – im Grunde liebe ich wohl einfach die Freiheit. Dies ist der Grund, warum ich, auch wenn ich gelegentlich in Teams oder mit Kultureinrichtungen arbeite, woraus sich fruchtbare Kooperationen ergeben (Theatergruppen, regionale Schreibresidenzen, Theater – z. B. das Théâtre Jeune Public in Straßburg), auch wenn es mir Freude macht, in Schreibwerkstätten und Schauspielkursen etwas zu vermitteln, immer wieder zwischen zwei Ruheetappen, zwei Projekten, zwei Begegnungen auf meine einsamen Streif­züge nach Lust und Laune durch den Wald der Sprache zurückkomme, so wie ich atme.

Laurent Contamin, Paris, 18. Februar 2022

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Der Text

Laurent Contamin, Le soleil de Moses, théâtre pour enfants/jeune public © Les Cygnes Paris 2021, ISBN : 978-2-36944-366-7; Übersetzung aus dem Französischen ins Deutsche: Moses die Sonne, Kinder und Jugendtheaterstück; © Wolfgang Barth, 18.02.2022

Auszug:

SEQUENZ 5

Freie Rollenverteilung. Zum Publikum.

Dieses Kind
Wie soll ich das sagen
Dieses Baby
Das war ganz selbstverständlich, dass
Wir haben überhaupt nicht überlegt, also
Moses
Die Frage hat sich nicht mal gestellt, so
Das war einfach natürlich
Ja, genau: natürlich
Der kleine Moses
Wir konnten nicht einfach nichts machen
Das konnten wir einfach nicht
Instinktiv
Ihm durfte auf keinen Fall was passieren
Ihn der Polizei überlassen, irgendwelchen Ämtern
Behörden
Damit er sich da im großen Labyrinth verliert…

Wenn man jetzt darüber nachdenkt, ja
Vielleicht hätte es auch andere Lösungen gegeben
Aber da
In dem Augenblick
Moses
In diesem Notfall
Dieses Kind, da wollten wir
Wir wollten, dass es ihm gut geht
Dass man ihn in Ruhe lässt, dass er glücklich ist
Ganz einfach

Er war wie ein kleiner König
Ein kleiner König, der aus dem Himmel in Kims Hütte gefallen war
Er lächelte uns an
Mit einem so großen Lächeln

Man konnte seine Augen nicht mehr sehen, wenn er lachte
Wenn er lachte, war das wie eine Sonne
Alles andere verschwand
Da war nur noch Moses und sein Lächeln

Moses‘ Lächeln
Moses die Sonne
Diese Sonne wollten wir nicht auslöschen
Sie nicht im großen Labyrinth ersticken
Im Verwaltungsapparat
Wer weiß, was aus ihm geworden wäre
Wir wollten, dass Moses weiter lächelt
Moses sollte eine Sonne bleiben
Sie sollte sein ganzes Leben lang scheinen
Deshalb
Wegen Moses‘ Sonne
Deshalb haben wir das gemacht.

Foto © François Louchet Verlag Les Cygnes  Homepage Laurent Contamin

Ali Chahrour, THE LOVE BEHIND MY EYES – Kunstfest Weimar 21

Alle Fotos dieser Seite © Candy Welz. Europäische Erstaufführung am 28.08.21 beim Kunstfest Weimar 2021: Ali Chahrour, »The love behind my eyes«, Choreographie. 

وا حبيبي

Übersetzung aus dem Französischen ins Deutsche / Translation from French to German / Traduction du français vers l'allemand: Wolfgang Barth

Übersetzung aus dem Arabischen ins Französische und Englische/ Translation from Arab to French and English /Traduction de l'arabe vers le français et l'anglais : Chadi Aoun

Arabischer Text / Arab texte / Texte arabe: Volkstümliches altes arabisches Weihnachtlied / Popular old Arab Christmas carol / Vieille chanson de Noël populaire arabe

 

Oh meine Liebe

Oh meine Liebe, oh meine Liebe
Wie bist du geschunden
Es weint, wer dich ansieht in deiner Not
Du ein und einziger Erlöser
Oh meine Liebe, welches war dein Verbrechen
Sodass das Gericht dich bestraft
Schimpf und Schande dein Lohn
Und niemals heilende Wunden

Als im dunklen Obstgarten des Nachts
Der Heiland sich niederwarf
Betete das Universum
Zu dem, der den Gebeten Sinn gab
Die Olivenbäume wehklagten
Die Lippen bewegten sich in flehender Fürbitte
O meine Liebe, warum wirst du gehen?
Ist alle Treue vertan?

Oh meine Liebe, lass in uns fließen
Sturzbäche von Tränen
Vergehen das Herz in lodernden Flammen
Gebrochen vom Unglück und zermalmt
Ob der Sünden, die schwere Wunden dir schlugen
Unheilbar und für alle Zeit
Oh könnten wir doch in unseren langen Nächten
Unsere Verfehlungen unter Tränen bekennen
Die Liebe hat dich zu mir geführt
Und du hast die Last des Kreuzes getragen
Du hast das Schicksal des Todes für mich erlitten
Oh könnte ich doch mein Leben durchwandern
Eingetaucht in einen weiten, lebendigen Strom
Mich verzehren im Gehorsam deiner Verkündigung
Die Mysterien deiner erhabenen Erlösung erfahren

Oh meine Liebe, oh meine Liebe
Wie bist du geschunden
Es weint, wer dich ansieht in deiner Not
Du ein und einziger Erlöser
Oh meine Liebe, welches war dein Verbrechen
Sodass das Gericht dich bestraft
Schimpf und Schande dein Lohn
Und niemals heilende Wunden

وا حبيبي 

وا حبيبي وا حبيبي
أيُّ حالٍ أنت فيه
من رآكَ فشجاكَ
أنت أنت المُفْتَدِي
وا حبيبي أيَّ ذنبٍ
حَمَّلَ العدْلُ بَنِيه
فَأَثابُوكَ جِراحاً

حين في البستان ليلاً
سَجَد الفادي الإله
كانت الدنيا تصلّي
كانت الدنيا تصلّي
شجرُ الزيتونِ يبكي
وتناديه الشِفاه
وا حبيبي كيف تَمضي
أترى ضاعَ الوفاء

وا حبيبي أَجْرِ فينا
سَيلَ دَمْعٍ مُنْهَمِر
يَلْتَظُ القلبَ بنارٍ
حزنُ قلبٍ منكسر
لخطايا جَرَّحَتْكَ
بِعُقوقٍ مُسْتَمِر
ليتنا طولَ الليالي
نَدَماً نَهْمَى الدِّمَاء
قادكَ الحبُّ إليَّ
فتقلّدْتَ الصليب
وتحمَّلت لأَجلي غصَّةَ الموتِ الرهيب
ليتني أقضي حياتي
أَهْرُقُ العمرَ سَكِيِب
في وصاياكَ وأحيا
بين أسرارِ الفِدَاء

وا حبيبي
وا حبيبي وا حبيبي

أيُّ حالٍ أنت فيه
من رآكَ فشجاكَ
أنت أنت المُفْتَدِي
وا حبيبي أيَّ ذنبٍ
حَمَّلَ العدْلُ بَنِيه
فَأَثابُوكَ جِراحاً

Ô mon bien aimé

Ô mon bien aimé, Ô mon bien aimé
Dans quel état en seras-tu
Te percevoir dans ta détresse
Toi le seul et unique Rédempteur
Ô mon bien aimé, quel crime as-tu commis
Pour que la justice punit
En offense, on t’a récompensé
Et meurtri de blessures qui ne seront jamais guéries

La nuit, dans le verger
Quand le Sauveur se prosterna
L’univers pria
A celui qui donna sens aux prières
Les oliviers se lamentaient
Les lèvres suppliaient
Ô mon bien aimé pourquoi iras-tu ?
Est-ce que la loyauté se livra ?

Ô mon bien aimé, coule en nous
Des flots de larmes torrentielles
Le cœur embrasé bouillant
Le malheur d’un cœur anéanti et brisé
Pour des péchés qui t’ont grièvement blessé
D’une manière persistante et perpétuelle
Si on pouvait passer nos longues nuits
Reconnaissant nos torts par des pleurs retenus
L’amour t’a poussé vers moi
Et tu as supporté les piliers de la croix
Tu as enduré le trépas fatal, pour moi
Si seulement je pouvais franchir ma vie
Submergé par un flux vital répandu
Me consumant dans l’obéissance de ta prédication
En vivant les mystères de la rédemption exaltée

Ô mon bien aimé, Ô mon bien aimé
Dans quel état en seras-tu
Te percevoir dans ta détresse
Toi le seul et unique Rédempteur
Ô mon bien aimé, quel crime as-tu commis
Pour que la justice punit
En offense, on t’a récompensé
Et meurtri de blessures qui ne seront jamais guéries

O beloved

O beloved, O beloved
What a sad state you are in
He who lays eyes on you would cry
You are the one and only Redeemer
O my beloved, what crime have you committed
So that justice punishes
They melted you with wounds
To which no healing would cure

When in the dark orchard at night
The Savior kneeled
The universe bowed and prayed
To he who gave meaning to prayers
Olive trees were weeping
The lips were begging
O my beloved why will you go
Is all loyalty lost?

O my beloved, flow through us
Streams of torrential tears
The fiery heart boiling
The misfortune of a shattered heart
For sins that have grievously hurt you
In a persistent and perpetual way
If only we could spend our long nights
Acknowledging our wrongs with restrained lament
Love brought you to me
And you bared the pillars of the cross
You endured the fatal demise for me
If only I could walk through life
Overwhelmed by a widespread vital flow
Consuming me in obedience to your preaching
Living the mysteries of exalted redemption

O beloved, O beloved
What a sad state you are in
He who lays eyes on you would cry
You are the one and only Redeemer
O my beloved, what crime have you committed
So that justice punishes
They melted you with wounds
To which no healing would cure

Ich danke Ali Chahrour, Chadi Aoun, dem Performance-Ensemble, Rolf C. Hemke, dem Kunstfest 2021 und dem Deutschen Nationaltheater Weimar.

Bremen, den 21.09.2021,
Wolfgang Barth
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Exposé: GARY IST KEIN COWBOY, Veronika Boutinova

Foto © Bernd Gruschwitz, Bremen
Veronika Boutinova, GARY ? CE N'EST PAS UN COWBOY ! ; pièce pour enfants, 2021 ; Übersetzung ins Deutsche: GARY IST KEIN COWBOY, Kindertheaterstück; Wolfgang Barth,13.05.2021
„Eines Morgens hatte ich eine Vision: Ein kleiner Junge trat in eine zur Bücherbox umgebaute Telefonzelle, öffnete ein Buch und flog weg. Aus diesem Bild wollte ich etwas machen, etwas wie einen Kurzfilm mit hellen, frohen Farben, in dem das Lesen ein Notausgang, eine Befreiung, ein Entkom-men sein sollte.“ (Veronika Boutinova)

Gary wächst in einer „bildungsfernen“ Familie auf. Sein Leben in der beengten Hochhauswohnung im sozialen Brennpunkt ist bestimmt vom Lärm und vom Gedränge, der Rücksichtslosigkeit und dem Egoismus der Geschwister und des Vaters, der Verzweiflung und Apathie der völlig überlasteten Mutter, dem von gesellschaftlichen Anstandserwartungen befreiten Pragmatismus der dementen Großmutter. Konflikte werden durch Schreien und Gewalt geregelt. Die Geschwister setzen sich gegen Gary mit Ellenbogen durch, beleidigen und demütigen ihn permanent. Die Schule spielt keine Rolle, dass Gary die Hausarbeiten macht, wird als Makel empfunden. Man geht nicht ans Meer, obwohl es zum Greifen nah ist, und man fährt auch nicht in die Berge. In diesem Umfeld gedeihen die Vorliebe für einfache, direkte Lösungen und der Rassismus. Der Hund Rexbeifuß wird abgerichtet, Menschen nicht weißer Hautfarbe als Feinde zu erkennen.

Der Fernseher läuft ohne Unterbrechung und zeigt Western. Nach dem Vorbild dieser Schwarz-Weiß-Welt hat der Vater die Familie strukturiert. Seine Kinder heißen (Butch) Cassidy, Clinty („Stwoud“), Calamity (Djeïne) und sind ihren historischen Banditen- und Filmvorbildern treu. Aber die Namen Lucky (Luke), das Baby, und besonders Gary (Coupeur), die Hauptperson, deuten eine andere Sichtweise an. Die Gerechtigkeit soll siegen und die Dalton-Brüder (der Vater und drei Geschwister) in ihren gelb-schwarzen Anzügen sollen in den Knast. Vorläufig aber gilt das Familenrecht: „Los, schieß! Und wieder ein Drecksindianer weniger, jawoll […] Und das müsste man auch mit den Arabern, den Schlitzaugen und den Bimbos machen!“

Gary sehnt sich nach der Stille und einem Platz für sich. Er sehnt sich nach Licht, Farben, dem Meer, den Bergen, er möchte wegfliegen. Von den Geschwistern im Regen und dem tristen Grau der Stadt auf dem Trottoir alleine gelassen, entdeckt er die zur Bücherbox umgebaute Telefonzelle, sein HIER, wo er Ruhe findet, entfliehen und denken und mit Hilfe der Stimme Angelas aus dem Telefonhörer, der Bibliothekarin, zur Mediathek finden und den Start in eine bessere Zukunft vorbereiten kann. Diese Welt gibt ihm Kraft, sich schon jetzt seinem Bruder Cassidy, der den Hund auf Asamoah losgelassen hat, zu widersetzen. Gary wird, seinem Namensvorbild entsprechend, für Gerechtigkeit sorgen. Nach seiner Regie wird am Ende Lucky mit rotglühendem Herzen in die Sonne reiten.

Das Stück richtet sich an Kinder ab sechs Jahren und Erwachsene. Während die Kinder die Geschehnisse vielleicht spontan als Spiegel eigener Erfahrungen wahrnehmen und im Lachen über die komischen Seiten und bei der Identifikation mit Gary, der sich wehrt, ein Stück Befreiung erfahren, setzen sich die Eltern mehr mit den düsteren Seiten der beschriebenen Wirklichkeiten auseinander. Das als Countdown zum Start in eine vielleicht bessere Zukunft durch Emanzipation konzipierte Stück, in dem im Kontrast von Hell und Dunkel, Farbe und Schwarz-Weiß, in vielen Wortspielen, fantasievollen sprachlichen Verschiebungen, Neologismen und poetischer Klanggestaltung Wirklichkeit abgebildet und der Ansatz von Veränderung sichtbar wird, soll Spaß und Freude bereiten und auch alberne Ausgelassenheit erlauben.

Lesungen im vom R. N.[1] regierten Calais, dem Wohnort der Autorin, deren Stücke von ihren Erfahrungen besonders mit den Auseinandersetzungen um die Flüchtlingskrise im „Jungle“ und danach geprägt sind, haben diese Möglichkeit bestätigt.

Wolfgang Barth, 15.06.2021

[1] Rassemblement National, früher FN (Front National)

Übersetzungen (Auswahl)

Porträt: Veronika Boutinova_D

Foto © Veronika Boutinova

Übersetzungen ins Deutsche durch Wolfgang Barth:
Veronika Boutinova, GARY ? CE N'EST PAS UN COWBOY ! ; pièce pour enfants,2021 ; Übersetzung ins Deutsche: GARY IST KEIN COWBOY,Kindertheaterstück; Wolfgang Barth,13.05.2021
Veronika Boutinova, GARANCE, pièce de théâtre jeune public, Editions La Fontaine, 04.03.2021, ISBN 2353610714; Übersetzung aus dem Französischen ins Deutsche: GARANCE UND DER ERDBEERMOND, Theaterstück für junges Publikum, © Wolfgang Barth, 02.05.2021  Info
Übersetzung aus dem Französischen ins Deutsche des illustrierten Kinderbuches Waël, Roi d‘Angleterre von Veronika Boutinova, mai 2017; Waël, König von England, illustriertes Kinderbuch © Wolfgang Barth, 21.05.2017, Manuskript; 04.10.2019: Veronika Boutinova, Emma Guareschi, Waël, Roi d‘Angleterre. Poésie documentaire pour la jeunesse, Éd. Une heure en été, ISBN 978-2490636037
Übersetzung aus dem Französischen ins Deutsche des Stückes Obligation de Quitter le Territoire Français von Veronika Boutinova, manuscrit, Calais 2014; Abschiebungsanordnung. Eine alternativhistorische Passionsgeschichte © Wolfgang Barth, 06.02.2017

Hinweis der Autorin an Herausgeber*innen:

Die Wege der Verlage sind unergründlich:

Tu m`édites ou tu hésites ?
Tu m’évites ou tu médites ?


[Veröffentlichst du mich oder zögerst du?
Gehst du mir aus dem Weg oder denkst du nach?]

Veronika Boutinova

Persönliche Daten und Informationen:

Stipendien – Residenzen – Auszeichnungen

  • Schreibresidenz in der Villa Yourcenar – Juli 2016 (Putréfiés [Verwest])
  • Beaumarchais-Stipendium – SACD – Juli 2016 (Le Cercle de craie calaisien [Der Kreidekreis von Calais])
  • Schreibresidenz in der Chartreuse de Neuville-sous-Montreuil – 2017 (Chartreuse)
  • Förderpreis Neue Talente des C.N.L. – Juni 2018 (Sara Jevo)
  • Schreibresidenz in der Motte castrale von Saint-Omer – Juli 2019 (Sara Jevo)
  • Schreibresidenz in der Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon – Februar 2020 (Sara Jevo)
  • Schreibresidenz in der Motte castrale von Saint-Omer – Juli 2020 (J’avais un vagin en forme de cœur [Meine Vagina hatte die Form eines Herzens])
  • Theaterförderung Artcena – Mai 2020 (Le Cercle de craie calaisien [Der Kreidekreis von Calais])
  • Theaterpreis PlatO 2021 (Gary ? C’est pas un cowboy ! [Gary ist kein Cowboy])
  • Förderstipendium der Région Hauts-de-France (titre provisoire: Herbe coupée, et bois brûlé / Portrait d’une étreinte [vorläufiger Titel: Geschnittenes Gras und verbranntes Holz / Portrait einer Umarmung])

Nach einer Promotion über tschechoslowakische Literatur verfestigt Veronika Boutinova ihr europäisches Profil, setzt ihre Forschungen über das zeitgenössische europäische Theater und das In-Yer-Face-Theater (Théâtre Dans Ta Gueule) fort und gibt Theaterunterricht. Die Autorin, die „das Strahlenbündel der Dunkelheit, das von ihrer Zeit ausgeht, direkt ins Gesicht trifft“ (Giorgio Agamben), fühlt sich durch die Gewalt herausgefordert und will deren Ursache bis auf den bitteren Grund nachgehen. In der Arte-Sendung „Metropolis“ vom März 2016 spricht die Autorin als Performerin, bildende Künstlerin und Fotografin über ihre Arbeit, in der sie die Spuren der Migration in der Grenzstadt Calais aufzeichnet.

Arte-Sendung "Metropolis", März 2016 0:37-5:17 Google Drive notwendig.

Veröffentlichungen

  • N.I.M.B.Y. (Lesung im Théâtre du Rond-Point 2010) / Dialogues avec un calendrier bulgare [Dialoge mit einem bulgarischen Kalender], (Festival de Rungis 2014 – A Mots Découverts), Editions L’Espace d’un instant, 2014
  • Calais Cul-de-sac [Sackgasse Calais], L’Harmattan, 2015
  • Décamper, de Lampedusa à Calais [Verschwinden. Von Lampedusa nach Calais], Sammelwerk, Editions de La Découverte, 2016
  • Poète… vos papiers ! pour Asli Erdogan [Ihre Papiere… Dichter! Für Asli Erdogan], Sammelwerk, Editions des Femmes, 2017
  • Waël, roi d’Angleterre [Waël, König von England], Illustré Jeunesse – Editions Une Heure en été, 2019
  • Sursum Corda, Roman, Editions Le Ver à soie, 2021
  • Garance, Editions La Fontaine, März 2021 (Endauswahl für den Preis des Lesekomitees Jugendliteratur der E.A.T. 2020)

Geplant:

  • Lettres européennes Manuel d’histoire de la littérature européenne [Europäische Literaturwissenschaft – Handbuch der europäischen Literatur], Sammelwerk mit einem Vorwort von Olga Tokarczuk, September 2021

Neue Aufführungen

L’Homme qui flotte dans ma tête [Der Mann, der in meinem Kopf treibt], Compagnie L’Embardée – März 2021 (Bourse du Nord, Schreibresidenz Villa Marguerite Yourcenar)

Le Cercle de craie calaisien, Compagnie Maskantête – Spielzeit 2021-2022 (Theaterförderung ARTCENA)

Gary? C’est pas un cowboy !, Compagnie Grizzli – Spielzeit 2021-2022 (Theaterpreis PlatO 2021)

Beiträge mit und über Veronika Boutinova

Hauptseite   Materialien   Übersetzungen

Portrait: Veronika Boutinova_F

Photo © Veronika Boutinova

 

Traduit vers l'allemand par Wolfgang Barth:
Veronika Boutinova, GARY ? CE N'EST PAS UN COWBOY ! ; pièce pour enfants, 2021 ; traduction vers l’allemand: GARY IST KEIN COWBOY,Kindertheaterstück; Wolfgang Barth, 13 mai 2021
Veronika Boutinova, GARANCE, pièce de théâtre jeune public, Editions La Fontaine, 04 mars 2021, ISBN 2353610714 ; traduction de la pièce de théâtre du français vers l’allemand : GARANCE UND DER ERDBEERMOND, Theaterstück für junges Publikum, © Wolfgang Barth, 02.05.2021  Info
Traduction en allemand du français du livre pour enfants illustré Waël, roi d‘Angleterre de Veronika Boutinova, mai 2017; Waël, König von England, illustriertes Kinderbuch © Wolfgang Barth, 21 mai 2017; 4 octobre 2019: Veronika Boutinova, Emma Guareschi, Waël, roi d'Angleterre. Poésie documentaire pour la jeunesse, Éd. Une heure en été, ISBN 978-2490636037
Traduction en allemand du français de la pièce de théâtre Obligation de Quitter le Territoire Français de Veronika Boutinova, manuscrit, Calais 2014; Ab­schiebungsanordnung. Eine alternativhistorische Passionsgeschichte © Wolfgang Barth, 6 février 2017

Avis de l’autrice aux éditeurs et éditrices:

Les voies des éditeurs sont impénétrables:

Tu m`édites ou tu hésites ?
Tu m’évites ou tu médites ?


Veronika Boutinova

Dates personnelles et informations:

Bourses – Résidences – Prix

  • Résidence d’écriture à la Villa Yourcenar – juillet 2016 (Putréfiés)
  • Bourse Beaumarchais – SACD – juillet 2016 (Le Cercle de craie calaisien)
  • Résidence d’écriture à la Chartreuse de Neuville-sous-Montreuil – 2017 (Chartreux)
  • Bourse de Découverte du C.N.L. – juin 2018 (Sara Jevo)Résidence d’écriture à la Motte castrale de Saint-Omer – juillet 2019 (Sara Jevo)
  • Résidence d’écriture à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon – février 2020 (Sara Jevo)
  • Résidence d’écriture à la Motte castrale de Saint-Omer – juillet 2020 (J’avais un vagin en forme de cœur)
  • Aide à la création de textes dramatiques Artcena – mai 2020 (Le Cercle de craie calaisien)
  • Prix PlatO 2021 – (Gary ? C’est pas un cowboy !)
  • Aide à la création de la Région Hauts-de-France (titre provisoire: Herbe coupée, et bois brûlé / Portrait d’une étreinte)

Après un doctorat sur la littérature tchécoslovaque, Veronika Boutinova affirme son européanité, continue ses recherches sur les dramaturgies contemporaines européennes, le In-yer-face drama et le Théâtre Dans Ta Gueule et enseigne le théâtre. Autrice qui „reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps“ (Agamben), interpellée par la Violence, elle éprouve le besoin d’en gratter l’os. Performeuse, plasticienne, photographe qui garde trace de la situation migratoire dans la ville-frontière de Calais, elle parle de son travail dans l’émission „Metropolis“ d’Arte (mars 2016).

Émission "Metropolis" d’Arte (mars 2016) 0:37-5:17 nécessite google drive

Publications

  • N.I.M.B.Y. (Lecture au théâtre du Rond-Point 2010) / Dialogues avec un calendrier bulgare (Festival de Rungis 2014 – A Mots Découverts), Editions L’Espace d’un instant, 2014
  • Calais Cul-de-sac, L’Harmattan, 2015
  • Décamper, de Lampedusa à Calais, ouvrage collectif aux Editions de La Découverte, 2016 Poète… vos papiers ! pour Asli Erdogan, ouvrage collectif, Editions des Femmes, 2017 Waël, roi d’Angleterre, Illustré Jeunesse – Editions Une Heure en été, 2019
  • Sursum Corda, roman, Editions Le Ver à soie, 2021
  •  Garance, Editions La Fontaine, Mars 2021 (finaliste Comité Jeunesse E.A.T. 2020)

A paraître:

  • Lettres européennes Manuel d’histoire de la littérature européenne, ouvrage collectif préfacé par Olga Tokarczuk, septembre 2021

En création

L’Homme qui flotte dans ma tête, par la Compagnie L’Embardée – Mars 2021 (Bourse du Nord, résidence d’écriture Villa Marguerite Yourcenar)

Le Cercle de craie calaisien, par la Compagnie Maskantête – Saison 2021-2022 (Aide à la Création ARTCENA)

Gary ? C’est pas un cowboy !, par la Compagnie Grizzli – Saison 2021-2022 (Prix PlatO 2021)

Ouvrages bibliographiques

page d'accueil textes supplémentaires traductions

(Online-) Premiere WILDKRAUT, Yannis Tsiros

Darsteller des Stavros: Enrico Ledzinski; Foto: Deutsch-Griechisches Theater Köln
Abgesehen von der Mail des Übersetzers an Kostas Papakostopoulos direkt unter dem Eindruck der Permiere (s.u.) entstammen alle Elemente dieser Seite zur Premiere (DEA) des Stückes WILDKRAUT / ΑΓΡΙΟΣ ΣΠΟΡΟΣ von Yannis Tsiros / ιάννη Τσίρου der Einladungsmail zur Erstaufführung.

LIEBE FREUNDE DES DEUTSCH GRIECHISCHEN THEATERS,

Am kommenden Freitag, den 16. April um 20:00 Uhr, ist es endlich soweit: Wir feiern unsere digitale Premiere von WILDKRAUT auf der Plattform Dringeblieben!!! 

WILDKRAUT / ΑΓΡΙΟΣ ΣΠΟΡΟΣ
von Yannis Tsiros / Γιάννη Τσίρου

Deutschsprachige Erstaufführung!
Konzept und Regie Kostas Papakostopoulos

In Zeiten des obligatorischen Lockdowns präsentieren wir digital das neue Erfolgsstück des griechischen Gegenwartsautors Yannis Tsiros in der deutschen Erstaufführung, übersetzt von Wolfgang Barth und Greg Liakopoulos. Es handelt sich um eine im Kölner Künstler:innen Theater aufgenommene Aufführung ohne Publikum.

Darstellerin der Haroula: Stella Veinoglou     Foto: Deutsch-griechisches Theater Köln

Das 3-Personen-Stück ist Krimi und Drama zugleich. Eine Zeit: ein Sommertag, ein Ort: eine Grillbude an einem Strand der Ägäis, eine Handlung: die Suche nach einem verschwundenen jungen Deutschen. Wer hat Wolfgang umgebracht? Unter Mordverdacht gerät der Imbissbesitzer Stavros. Sein Büdchen betreibt er zusammen mit seiner Tochter Haroula an der Grenze zur Illegalität. Bald weiten sich die polizeilichen Ermittlungen für ihn zum Existenzkampf aus. Stavros wird ein Spielball griechischer und deutscher Behörden. Am Ende steht er ganz allein, isoliert von seinen Dorfnachbarn und als Zielscheibe für holländische, österreichische und französische Urlauber, die am Strand ihre Villen gebaut haben. 

Darsteller des Takis: Enrico Ledzinski   Foto: Deutsch-griechisches Theater Köln

In WILDKRAUT prallen die Ansprüche der Globalisierungsgewinner auf den verzweifelten Überlebenswillen der Verlierer. Ein strahlender Postkartensommer entwickelt sich zu einem Drama, in dem der Zusammenprall der Kulturen, die Unbeugsamkeit, der Groll, das Unverständnis und die Intoleranz zur absoluten Demütigung führen. Allerdings nimmt Stavros seine Niederlage nicht als endgültig hin. Er fühlt sich wie das Wildkraut, das dem Stück den Namen gibt: Seinen Samen kann man nicht vernichten. Man kann es immer wiederausreißen, auf Dauer aber ist es nicht zu besiegen. Das Stück, das seit seiner Uraufführung in Athen ein Renner an griechischen Bühnen ist, kann als Volksstück im besten Sinne gelten. Wir freuen uns,  es nun einer deutschen Erstaufführung unserem Kölner Publikum zupräsentieren.

THEATERSTÜCKVERLAG, Korn-Wimmer, München

ENSEMBLE

Konzept & Regie                                         Kostas Papakostopoulos
Bühnenbild & Kostüme                            Zezo Dinekov
Musikkomposition                                     Herbert Mitschke
Regieassistenz                                             Alice Ressel
Dramaturgieassistenz                               Erika Walter

Mit Nikos Goudanakis, Enrico Ledzinski und Stella Veinoglou.

Unterstützt wird das Projekt vom Kulturamt der Stadt Köln sowie dem Ministerium für Kultur und Wissenschaft des Landes Nordrhein-Westfalen.

Herzlichst Ihr

Kostas Papakostopoulos
(Theaterleiter)
———————————————-
Deutsch Griechisches Theater
Zülpicher Str. 218
50937 Köln
Tel.: +49-221-421283
www.dgt-koeln.de


Mail Wolfgang Barth an den Theaterleiter unmittelbar nach der deutschen Erstauffürung:

Lieber Herr Papakostopoulos,
 
mit meiner Partnerin stoße ich (mit Ouzo) auf die wunderbare Premiere und auf das Theater an! Das Stück hat mich wieder völlig aufgewühlt und bewegt. Durch Ihre Inszenierung ist alles noch sehr viel deutlicher geworden. Die Schauspielerin Stella Veinoglou und die Schauspieler Nikos Goudanakis und Enrico Ledzinski haben mich außerordentlich beeindruckt. Bitte richten Sie ihnen und allen an der Aufführung Beteiligten meinen herzlichen Gruß und meinen tiefen Respekt aus. Ich bewundere diese großartige Leistung. Es war ein bewegender Theaterabend.
 
Herzliche Grüße
Wolfgang Barth
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Info VERONIKA BOUTINOVA, GARANCE_D

Foto © Adèle, Veronika Boutinova

Veronika Boutinova, GARANCE, pièce de théâtre jeune public, Editions La Fontaine, 04.03.2021, ISBN 2353610714; Übersetzung aus dem Französischen ins Deutsche: GARANCE UND DER ERDBEERMOND, Theaterstück für junges Publikum, © Wolfgang Barth, 02.05.2021  Info

Zusammenfassung:

Siméon liebt Louna (die mit 11 Jahren ihre erste Regel hat, keine einfache Sache). Louna ist die beste Freundin von Zinette (die sich mit dem weiblichen Körper ziemlich gut auskennt). Zinette ist die Schwester von Titouan (der völlig verrückt nach Gwendo ist) und Garance (die in Gaëtan verliebt ist, aber da gibt es ein Problem: Gaëtan will Garance dort streicheln, wo sie es nicht will). Gleichzeitig macht RK (inkognito auftretende berühmte Märchenfigur) dem Wolf klar: „Nein heißt nein, NIET!“

Hinweis des Übersetzers:

Garance ist ein nicht allzu häufiger französischer Mädchenvorname, der sich zunehmend größerer Beliebtheit erfreut. In Frankreich ist er vor allem bekannt durch den Ausspruch der Garance (Arletty) in Marcel Carnés Film Les enfants du paradis [Kinder des Olymp, 1945]: „Man nennt mich Garance. Das ist hübsch. Das ist eine rote Blume. Rot wie Ihre Lippen […]“ [Übers. W.B.] Die Assoziation führt zu dem von Klaus Kinski gesprochenen Gedicht François Villons mit der berühmten Verszeile „Ich bin so wild nach deinem Erdbeermund.“

 Garance ist aber auch eine Farbe, das Krapprot oder Färberkrapp, das aus der gleichnamigen Pflanze hergestellt wird, einer der ältesten, schon bei den Ägyptern der Antike nachgewiesenen Färberpflanzen. Die roten Hosen der französischen Soldaten des 19. Jahrhunderts waren mit Krapprot gefärbt.

Die Pleine Lune des Fraises [Erdbeervollmond] ist der letzte Vollmond des Frühlings Anfang Juni. Die Algonkin-Indianer benannten ihn nach dem Zeitpunkt der Erdbeerernte. Besonders eindrucksvoll war seine rote Farbe während der partiellen Mondfinsternis in Frankreich am 5. Juni 2020. „Avoir ses lunes à la fraise“ [seinen Erdbeermond haben] bezeichnet im Stück die Regelblutung. Im Deutschen gibt es hierfür den Begriff „Erdbeerwoche“.

Bei Vollmond und besonders beim „Erdbeervollmond“ ist Rotkäppchen für den Wolf besonders anziehend. Er wurde auch durch die leuchtend rote Mütze, in der alle Rottöne kulminieren, auf das Mädchen aufmerksam.



Foto © Adèle, Veronika Boutinova
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Info VERONIKA BOUTINOVA, GARANCE_F

Photo © Adèle, Veronika Boutinova
Veronika Boutinova, GARANCE, pièce de théâtre jeune public, Editions La Fontaine, 04 mars 2021, ISBN 2353610714 ; traduction de la pièce de théâtre du français vers l’allemand : GARANCE UND DER ERDBEERMOND, Theaterstück für junges Publikum, © Wolfgang Barth, 02.05.2021  Info

Résumé:

Siméon aime Louna (qui a ses règles à 11 ans, pas facile !). Louna est la meilleure amie de Zinette (qui connaît pas mal de trucs sur la géographie féminine). Zinette est la sœur et de Titouan (qui est dingue de Gwendo) et de Garance (qui est amoureuse de Gaëtan, mais problème : Gaëtan veut la caresser là où Garance n’a pas envie de). Pendant ce temps, P.C.R. (un célèbre personnage de conte incognito) explique à Loup que „Quand c’est non, c’est NIET !“

Avis du traducteur:

Garance est un prénom de fille français pas trop courant qui gagne en popularité. En France, il est surtout connu pour la phrase de Garance (Arletty) dans le film de Marcel Carné Les enfants du paradis (1945) : « On m’appelle Garance. C’est joli. C’est une fleur rouge. Rouge comme vos lèvres […] »   Traduite en allemand,  cette citation fait penser au poème de François Villon, prononcé par Klaus Kinski, avec son célèbre vers : „Ich bin so wild nach deinem Erdbeermund.“ [« Je suis fou de tes lèvres rouge de fraises. »]

En Allemagne, on connaît le prénom français,mais on ne sait pas que le nom désigne en même temps une couleur. Il faut donc expliquer: Garance est aussi une couleur, « Krapprot » [garance] ou « Färberkrapp » [rouge des teinturiers], obtenue à partir de la plante du même nom, l’une des plus anciennes plantes tinctoriales, déjà connue des Égyptiens de l’antiquité. Les pantalons rouges des soldats français du XIXe siècle étaient teints en garance.

La Pleine Lune des Fraises [Erdbeervollmond] est la dernière pleine lune du printemps, début juin. Les Algonquins l’ont nommée ainsi en raison de la période de récolte des fraises. Sa couleur rouge était particulièrement impressionnante lors de l’éclipse partielle de lune en France le 5 juin 2020. Dans la pièce, « avoir ses lunes à la fraise“ veut dire « avoir ses règles ». En allemand, il y a le terme „die Erdbeerwoche haben“ [« avoir sa semaine de fraises »].

À la pleine lune et surtout à la « pleine lune des fraises », pour le loup, le Petit chaperon rouge paraît particulièrement appétissant. La jeune fille se fait repérer aussi par son bonnet rouge vif, dans lequel culminent toutes les nuances de rouge.


Photo © Adèle, Veronika Boutinova
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TEXTE sur LUCIE VÉROT, JEUNE QUI VEILLE

Dessin © Laura Pandelle, Feuilles volantes

“Je ne peux pas quitter ce monde en passant par dessous une dalle blanche du carré des indigents.”

Par Wolfgang Barth, traducteur de Jeune qui veille et de plusieurs autres textes de Lucie Vérot (dont Mangrove et Prouve-le: traductions éditées en Allemagne par Verlag der Autoren).

Après une lecture Zoom de Jeune qui veille de Lucie Vérot, organisée par Jeunes textes en liberté, une jeune lectrice exprima sa surprise : « Myrtha, pourtant morte, se lève et s’en va ? » Réflexion logique et légitime. Mais la perspective de la pièce est plus large : toute vie humaine est vouée à la mort dès la naissance, ce qui nous mène à la notion fondamentale de l’absurde. Albert Camus la développe dans son Mythe de Sisyphe. Nous n’avons que cette vie. Il faut donc la mener à bien. Le défi, c’est qu’« Il faut imaginer Sisyphe heureux ».

Tel est l’enjeu de la pièce Jeunequi veille. Elle place ses personnages, tous à la recherche du bonheur, en face de la mort. Mais, fidèle au positionnement de Camus, Lucie Vérot ne nous parle que de la vie. De plusieurs vies bien particulières dans un pays bien particulier.

La vie et le pays sont étroitement liés. Dans Mangrove, Lucie Vérot cite en exergue Bernard-Marie Koltès : « On rencontre parfois des lieux qui sont, je ne dis pas des reproductions du monde entier, mais des sortes de métaphores de la vie ou d’un aspect de la vie (…) ». Les textes de Koltès et Vérot tendent vers l’universel. Mais tandis que le premier ne localise pas le pays de Combat de nègre et de chiens[1] », Lucie, dans Mangrove, Fins de service et Jeune qui veille ne laisse aucun doute: il s’agit bien de la Guyane. Elle est présente partout. Le clivage fondamental « Métro ou pas Métro ». L’histoire (« les gens amenés ici enchaînés dans les cales de bateaux »). La Légion. La forêt avec son fleuve fatidique: le Maroni. Les orages de chaleur. Les trois pièces témoignent de l’importance de la Guyane pour Lucie Vérot.

C’est à travers ses habitants qu’on perçoit le pays. Le déluge décrit n’est pas n’importe lequel : « On a eu des nuits chaudes à faire tomber la pluie. » Pendant deux ans, l’amour de Myrtha et du Charognard était puissant et vaste au point d’agir sur les éléments naturels. Et c’est à la fin de sa vie qu’Armand reconnaît : « C’est tout ce que j’ai connu qui vaut la peine d’être retenu. »

Myrtha et Armand sont et seront «du monde des clandos et des putes ». Ils n’ont pas eu la vie facile. Il fallait bien manger, et quand on est pauvre on peut être amené à ne pas toujours suivre le chemin droit de la légalité. Comme dit Brecht : « Erst das Fressen, dann die Moral » [D’abord la bouffe, la morale après].  Est-ce que, pour autant, c’était « une sacrée vie de merde » comme dit Matilda ? Tout le monde ne peut pas prétendre avoir vécu un amour inouï comme celui de Myrtha et Armand. Et Le Charognard, à juste titre, se pose la question de si ces jeunes vont y arriver: « Parce que tu sais à quoi elle va ressembler, toi, ta vie ? »

Matilda et Yan se le demandent bien, eux aussi. Ils doivent d’abord régler quelques problèmes. La famille de Matilda immigrée de Haïti est clandestine. « La plupart des gens ne nous aiment pas tellement. » La question de savoir qui était son père lui pèse. Elle se demande si elle doit vivre seule comme Myrtha pour ne pas devenir la bonne de quelqu’un. Yan souffre de la mort de ses parents et se questionne sur son amour secret avec Guillaume. A la fin de la pièce, les jeunes auront su éliminer les obstacles intérieurs les plus éminents et pourront se tourner vers l’avenir. 

La pièce n’y va pas de but enblanc. Il faut un contexte. C’est dans le rapport avec les autres, dans les liens qui s’établissent par la communication et l’action que les choses avancent. Il y a des détours, des accrocs. La pudeur interdit à Myrtha et Armand de dévoiler les secrets d’emblée.  Jeune qui veille est une pièce de modifications, de développements, de transitions. On s’approche de la vérité au fur et à mesure.

« Quelqu’un est tombé dans le Maroni ». Cela paraît un principe :  le résultat est là et d’abord, on reste bouche bée sans vraiment comprendre. C’est le récit passionnant qui éclaire le sens après, le récit du combat du Charognard avec l’orpailleur qui se retrouve dans le Maroni, dont les eaux sont montées par l’effet de l’amour de Myrtha et Armand (symbole). De même pour Myrtha qui devrait se trouver au funérarium mais s’installe tranquillement à la table de Yan et Matilda. On n’y comprend rien. C’est après qu’on commence à saisir l’enjeu : un enterrement digne.

Comme Alboury dans Combat denègre et de chiens qui vient réclamer le corps de l’ouvrier mort pour pouvoir l’enterrer suivant la tradition, Myrtha demande – pour elle-même – que le manque de respect qu’elle a subi pendant sa vie soit équilibré par un enterrement digne. Et si, dans les deux pièces, il s’agit bien d’enterrements qui ne sont pas comme ils devraient l’être, l’enterrement est un motif, un véhicule qui dirige notre regard sur la vie et sa texture. A la fin, on se sent un peu plus libre, comme Horn (dans Combat) qui « s’éponge le front ». On est un peu plus loin sur ce chemin dont la plus grande partie reste à faire: changer la vie pour qu’il n’y ait plus d’enterrements misérables. 

Toute traduction pose problème, on le sait. Ceci encore plus pour les textes de Lucie Vérot situés en Guyane. Les présuppositions – tout le savoir, toutes les expériences nécessaires à la compréhension du texte dans les langues d’origine et de cible – sont complètement différentes.

Prenons le terme « Métro ». Un.e Guyanais.e saisira d’emblée son sens et ses connotations. Un.e Allemand.e ne pensera qu’au métro de Paris. Les discussions avec d’autres traducteurs ont donné pour « France métropolitaine » : „Kontinentalfrankreich“ [France « continentale »], „Mutterland“ [pays « mère »], „Europäisches Frankreich“ [France « européenne »]. Résultats approximatifs, voire erronés : La Guyane se situe bien sur un (autre) continent, elle aussi. La France métropolitaine est-elle « la mère » de la Guyane ? (!) Et la Guyane, région française, fait politiquement bien partie de l’Europe (!). Et pour le dérivé ? „ Konti“ (le pneu), „Mutti“ (« petitemaman »), „Euro“ (l’argent) ? Mis à part un témoignage intéressant : un très jeune Guyanais vivant en Allemagne pensait que« Métros » renvoyait au fait que les Parisiens utilisent le métro, où on se serre (d’où les Métros « limités et coincés »), la recherche eut comme résultat : Pas d’équivalent acceptable.

On gardera donc le terme comme un nom propre étranger dans la langue allemande. Ils’expliquera par le contexte et, surtout, par la pièce. Dans Mangrove, j’ai mis une note de bas de page, Jeune qui veille contient une explication implicite. Il a suffi que j’ajoute à« Un vieux blanc » : „vom französischen Festland“ [„Festland“signifiant à la fois continentale et européenne].

C’est cette définition de « Métro » qui, suite aux discussions dans les forums, a trouvé son entrée dans le dictionnaire en ligne www.leo.org. L’exemple me paraît révélateur pour le travail du traducteur : transporter des notions d’un contexte culturel régi par une langue à une autre langue au contexte fondamentalement différent.

Dessin © Laura Pandelle, Feuilles volantes
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